Adoption internationale

Lion, ou la question des origines

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Lion démontre, si cela était encore nécessaire, que l'histoire d'un enfant adopté ne saurait commencer au moment de son adoption.

Certes, tous les enfants ne ressentent pas le besoin, une fois devenus adolescents ou adultes, de retrouver leur famille biologique. Mais il me semble que cette question de leur origine, de leur histoire, se pose à un moment de leur vie. Et n'est-ce pas absolument compréhensible ?

Peut-on se construire sans savoir d'où l'on vient ? Peut-on se sentir entier quand on met de côté une partie essentielle de soi-même, aussi lointaine et floue soit-elle ?

Alors, je ne suis ni une spécialiste de l'adoption, ni (encore) une mère adoptive. Mais en voyant l'histoire de Saroo, dans le flot d'émotions qui m'ont traversée, il y avait aussi un peu de colère.

Oui, car il y a cinq, des "professionnels de l'adoption" tenaient devant nous ce discours : "Ne vous préoccupez pas trop de ce qu'ils ont vécu avant, ce qui compte c'est ce qu'ils vont vivre avec vous !".

Je ne me pardonne toujours pas de ne pas avoir eu le courage de les contredire. 

Ou comment Lion nous a bouleversés.

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Nous savions en allant voir Lion que le film nous bouleverserait. Parce qu'il s'agit d'adoption. Parce qu'il s'agit de l'Inde. Et en effet, dès les premières images, nous avons été pris aux tripes par l'histoire de Saroo et l'émotion ne nous a plus quittés.

Je passe très vite sur la qualité du casting, de la réalisation, de la photographie... mais il y aurait beaucoup à en dire. Je vais juste ce soir revenir sur certaines scènes dont je garde un souvenir très ému.

Le petit Saroo qui cherche vainement son frère Guddu dans cette gare qui soudain paraît immense et qui est le lieu de leur séparation à jamais.

Ces enfants si vulnérables et si résistants à la fois, tentant d'échapper aux dangers d'un Calcutta asphyxiant.

"Guddu !" qui résonne comme un appel déchirant tout le long du film.

Cet orphelinat, lieu de désolation et d'espoir, où se joue chaque jour le destin des enfants.


Cet album de photographies dans lequel Saroo découvre le visage de ceux qui l'attendent en Australie et dont il ne sait rien. Un moment particulièrement intense pour moi.

La première rencontre entre Saroo et ses parents adoptifs dans un ailleurs plein de promesses et de mystère.

Ce moment magnifique où Saroo prend un bain sous le regard bienveillant de sa nouvelle maman. Et la promesse de celle-ci, dans une langue qu'il ne comprend pas : "Un jour tu me raconteras ton histoire et je serai là pour t'écouter..."


La découverte d'un nouvel univers et d'une relation à trois. Puis l'arrivée de Mantosh, enfant blessé qui ne parviendra pas à guérir de son passé.

Un flash provoqué par des jalebis, cette douceur indienne qui réveille en Saroo des souvenirs douloureux.

Sa quête folle pour retrouver des traces de son passé, au risque de se perdre une nouvelle fois.

Ce moment absolument incroyable où Saroo, après tant d'efforts, parvient à repérer son village sur Google Earth. Et la belle réaction de ses parents qui l'encouragent à partir.

Les mots d'amour de Saroo pour son frère endormi.

Et bien sûr cette Rencontre. Avec l'Inde. Avec son village natal. Avec sa mère biologique. Avec sa soeur. Avec lui-même.





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